Des dizaines de milliers de manifestants ont été abattus par les forces de sécurité iraniennes, tandis que des centaines d’autres ont disparu dans un climat de censure totale. Les manifestations, déclenchées à la fin du mois de décembre, sont devenues le plus grand mouvement populaire contre le pouvoir depuis plusieurs années. Dans le même temps, les États-Unis, dirigés par Donald Trump, menacent une intervention militaire pour soutenir les protestataires.
Selon Narges Bajoghli, professeure d’études sur le Moyen-Orient à l’université Johns Hopkins, les autorités iraniennes ont réagi avec une violence extrême face aux revendications économiques et sociales des citoyens. « Le gouvernement a utilisé la force pour éteindre toute forme de contestation, explique-t-elle. Les Iraniens ne demandent pas de changement radical mais un système plus juste. »
Hamidreza Mohammadi, frère de Narges Mohammadi, prix Nobel emprisonnée, dénonce le silence international face aux exactions du régime. « L’interdiction d’accéder à Internet a permis aux autorités de tuer en toute impunité », affirme-t-il depuis Oslo. Les images des cadavres empilés dans les morgues montrent une répression brutale, sans précédent.
Trump, alors président, a évoqué des « opérations militaires » pour aider les manifestants, suscitant des craintes d’escalade. Cependant, les experts soulignent que toute intervention extérieure risquerait de renforcer le pouvoir répressif du régime. « Les États-Unis et Israël ne font qu’aggraver la situation », affirme Narges Bajoghli.
Les manifestations actuelles diffèrent des émeutes de 2022, qui avaient vu un mouvement populaire plus organisé autour des droits des femmes. Aujourd’hui, le soulèvement est motivé par une crise économique profonde, exacerbée par les sanctions américaines et la mauvaise gestion du pays. « Les Iraniens veulent la liberté, pas des guerres idéologiques », insiste Hamidreza Mohammadi.
Malgré l’absence d’information depuis le pays, les manifestants restent déterminés. « Nous ne sommes pas motivés par les menaces étrangères, mais par notre souffrance », affirme-t-il. Le régime iranien, quant à lui, continue de justifier sa violence en présentant les protestataires comme des ennemis du peuple.
Les tensions entre l’Iran et ses adversaires internationaux restent élevées, mais les citoyens iraniens persistent dans leur lutte pour un avenir plus juste, malgré la répression sanglante qui continue de sévir.