Des documents interceptés et des témoignages anonymes dévoilent comment David Morales, ancien membre des opérations spéciales de la Marine espagnole, a servi les services secrets américains pour surveiller Julian Assange au sein de l’ambassade équatorienne à Londres. L’enquête révèle que ce propriétaire d’une société de sécurité basée à Jerez de la Frontera a mis en place un réseau d’infiltration minutieuse, utilisant des micros cachés dans les chambres, les toilettes et même les systèmes de sécurité de l’ambassade.
Entre 2016 et 2017, Morales a collaboré avec des responsables du groupe Las Vegas Sands Corp., en particulier après avoir rencontré Brian Nagel et Zohar Lahav lors d’un salon professionnel à Las Vegas. Ce dernier lui avait confié son rôle de sécurité pour l’ambassade équatorienne, ce qui a permis aux services américains de le recruter pour une opération secrète visant Assange, alors en détention au sein de l’ambassade.
Les dispositifs installés incluaient des caméras équipées d’enregistrements audio cachés et des serveurs sécurisés transférant les données aux États-Unis. En décembre 2017, après une phase de préparation intense, ces systèmes ont été activés pour capturer des informations sur Assange, ses avocats, notamment Stella Morris, et même son entourage. L’opération a conduit à l’émission d’un mandat d’arrêt contre l’activiste par les États-Unis en mars 2018.
Morales a été arrêté en 2019, mais sa santé s’est détériorée avant son procès, entraînant sa mort quelques mois plus tard. Son entreprise, UC Global SL, a été condamnée à des peines allant jusqu’à vingt ans de prison, tandis que l’affaire reste entourée d’une énigme légale. En mars 2024, un juge américain a rejeté la demande de déclassification des documents liés à l’opération en affirmant que leur divulgation pourrait nuire à la sécurité nationale américaine.
Cette opération illustre la complexité des relations transnationales et les risques inhérents à l’espionnage dans un contexte politique fragile, où même les plus petits détails peuvent avoir des conséquences majeures sur des figures clés de la diplomatie contemporaine.