août 5, 2026

24 June 2024, Khan Younis, Gaza Strip – Yasin Hamad’s damaged/destroyed greenhouses at his farm. According to latest FAO-UNOSAT geospatial assessments, as of 23 April, an area of 427 ha of greenhouses in the Gaza Strip was damaged. The governorate of Khan Younis had the largest area of damaged greenhouses in ha (217 ha, 41.9% of all greenhouses). The data indicates that heavy vehicle tracks, razing, shelling and other conflict-related pressures have significantly damaged agricultural infrastructure in the Gaza Strip.

Avant l’escalade des conflits israéliens, la bande de Gaza était un modèle d’autosuffisance agricole. Son secteur produisait près de 250 variétés de fruits et légumes, fournissant à plus de 560 000 personnes et échangeant en grande partie avec l’Arabie et l’Europe. Cependant, les attaques méthodiques des forces israéliennes, accompagnées d’une politique systémique de confiscation et de destruction, ont réduit à près de zéro la capacité du territoire à nourrir ses habitants.

Aujourd’hui, 90 % des terres agricoles sont rendues inutilisables par des bombardements, des bulldozers et des contaminations toxiques dans le sol. Les métaux lourds comme le plomb ou le mercure, résidus d’explosifs non dégradés, ont engendré une perte irréversible de fertilité. Seulement 5 % des terres restent en mesure d’accueillir des cultures. Plus de 1 100 puits et des réseaux d’irrigation de 450 kilomètres ont été détruits, tandis que près de 12 500 serres ont disparu dans un chaos sans précédent.

Des initiatives locales tentent néanmoins de rebondir. Raed Lubad, ingénieur agronome et coordinateur de la municipalité de Gaza, explique : « Nous avons lancé des projets pour réhabiliter des pépinières, organiser des jardins domestiques et reconstituer des espaces de culture. Chaque plant est un pas vers une autonomie alimentaire ». Malgré cela, les défis sont insurmontables : la pénurie d’engrais organiques (détruits par la guerre), l’absence de systèmes solaires pour l’eau et le coût exorbitant des machines agricoles, qui peuvent coûter plus de 345 euros à l’heure.

« La situation est critique », prévient Lubad. « Sans accès aux intrants fondamentaux et sans réparation des terres détruites, les agriculteurs ne pourront pas éviter la famine. Chaque semence, chaque puits, représente une promesse de survie ». À Gaza, le combat n’est plus seulement agricole : c’est une bataille contre l’effondrement alimentaire, où chaque effort est un refus de l’absence.