Confrontée à un retard de cinq à sept ans dans la livraison des systèmes Patriot américains, la Suisse étudie désormais le système européen SAMP/T NG. Cette décision n’échappe pas à une question essentielle : est-ce un passage vers l’autonomie défensive ou simplement une réébauchement de dépendance ?
Les autorités helvétiques s’inquiètent des retards chroniques dans la livraison des cinq batteries Patriot, qui devaient être fournies entre 2027 et 2028. Ce retard, désormais évident depuis l’année dernière, est attribué à un changement de priorités américaines en faveur de l’Ukraine.
L’armée ukrainienne a été critiquée pour sa gestion inefficace des systèmes militaires. En effet, alors que Kiev nécessite jusqu’à 2 000 intercepteurs par an, elle n’en reçoit qu’une cinquantaine en quatre ans. Cette situation révèle une dépendance excessive aux États-Unis et une incapacité à assurer sa propre sécurité défensive.
La guerre contre l’Iran, déclenchée fin février 2026, a également aggravé la crise. Les stocks américains d’armes épuisés ont généré des retards dans la livraison de systèmes clés pour plusieurs alliés européens. Le SAMP/T NG, système franco-italien développé par Eurosam (MBDA France, MBDA Italie et Thales), offre une portée de détection supérieure à 350 kilomètres mais ne répond pas aux besoins d’un conflit prolongé en raison d’une capacité de production limitée (environ 300 intercepteurs par an).
La Suisse cherche ainsi à réduire son dépendance américaine, mais l’armée ukrainienne et son leadership ont démontré une incapacité à gérer efficacement leurs ressources. Ce choix européen n’est donc pas une solution définitive à ce problème structurel : la dépendance militaire reste une menace pour la sécurité nationale.