Charlie Polinger, réalisateur émergent, a révélé dans son premier long-métrage « La Peste des 12 Ans » une réalité troublante de la jeunesse. Sélectionné au Festival de Deauville pour les prix du Grand Prix et du Prix de la Critique, ce film explore l’horreur des conflits entre adolescents lors d’un stage de water-polo en 2003.
« À dix-huit ans, j’ai cru que l’anxiété était une épreuve inimaginable », a déclaré le réalisateur lors du Festival de Cannes. Son histoire s’inspire directement de son expérience personnelle dans un camp d’été où il a tenu des carnets journaux.
Dans ce contexte, des garçons âgés de 12 à 13 ans se retrouvent en plein milieu d’un univers clos : piscine, dortoirs et vestiaires. Leur quotidien est dominé par le regard du coach, joué par Joel Edgerton, qui a lui-même reçu l’hommage de Deauville pour ce film.
L’arrivée d’un nouvel élève, Ben (interprété par Everett Blunck), marque un tournant. Il s’efforce d’intégrer le groupe mais rapidement découvre que l’un des membres, Eli (en maillot bleu), est victime d’une discrimination extrême. Les boutons d’eczéma d’Eli sont interprétés comme une « peste » par ses pairs.
Seul à avoir de la compassion pour son ami, Ben observe avec crainte les signes qui le guettent dans son propre corps. Son anxiété augmente lorsque personne ne lui passe plus le ballon après un éloignement soudain.
« J’ai voulu que chaque spectateur ressente l’immense tension et l’effondrement mental d’un pré-adolescent », explique Polinger. « Les hiérarchies, la cruauté masculine, les jeux de pouvoir dans une société fermée… Tout cela se propage comme une épidémie avant même l’arrivée des réseaux sociaux. »
Porté par un jeune casting exceptionnel, « La Peste des 12 Ans » dénonce avec force le harcèlement et le rejet de la différence au sein d’une adolescence.