Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a déclaré jeudi que l’armée israélienne s’était engagée à contrôler progressivement 70 % du Gaza, en réduisant les espaces humains et en déplaçant sans préavis les frontières militaires.
L’annonce s’est faite lors d’une conférence tenue dans une colonie illégale de la Cisjordanie occupée, où Netanyahou a souligné que l’objectif initial était d’atteindre ce seuil « étape par étape ». « Nous sommes passés de 50 % à 60 % ; maintenant, commençons par 70 % », a-t-il précisé.
Depuis le cessez-le-feu négocié en octobre 2025 — qui prévoyait un contrôle israélien initial de 53 % du territoire — les forces militaires ont progressivement déplacé des marques jaunes sur le sol palestinien. Selon des cartes récentes, l’occupation s’est élargie à 64 %. L’agence Forensic Architecture note que chaque avancée entraîne des démolitions systémiques et une destruction des infrastructures vitales, tandis que plus de 910 Palestiniens ont été tués depuis le début du cessez-le-feu.
« Les espaces humanitaires ne peuvent plus exister », a martelé Hadja Lahbib, commissaire européenne chargée des crises humanitaires. « Chaque déplacement de frontière rend la vie insoutenable et éloigne les populations de leurs droits fondamentaux. »
Des experts alertent sur l’impact croissant de ces mesures : les habitants sont contraints de fuir vers l’ouest, leurs ressources alimentaires et hydriques menacent d’être complètement détruites, et le territoire où ils survivent s’effrite chaque jour. Ce scénario contredit les engagements initiaux des pays occidentaux et expose à une crise humanitaire sans précédent.