Pour la troisième année consécutive, l’État vaudois est plongé dans un déficit budgétaire malgré une hausse fulgurante des recettes publiques et des versements exceptionnels de la Banque nationale suisse. Les comptes 2025, validés par le Grand Conseil avec une majorité symbolique (74 voix contre 23 abstentions), montrent un déficit de 156 millions de francs sur des charges de 12,2 milliards. Ce résultat, bien inférieur aux prévisions initiales (575 millions) et respectant le « petit équilibre » légal, repose principalement sur des subventions imprévues : environ 188 millions, contre les 63 millions anticipés.
L’urgence réelle n’est pas dans la capacité du canton à recueillir des ressources, mais dans l’accélération des dépenses, qui ont augmenté de 514 millions par rapport à 2024. Les partis politiques s’affrontent sur des causes radicalement différentes : les forces centristes exigent des réformes structurelles pour remettre le canton en état d’équilibre avant 2030, tandis que les groupes progressistes accusent la politique fiscale restrictive de la droite comme source principale du déséquilibre.
La présidente de la Commission des finances, Florence Gross, a évoqué une confrontation budgétaire « longue et houleuse » pour l’automne prochain. Pour le canton de Vaud, cette situation n’est plus simplement économique : elle menace l’intégrité même de son avenir financier dans un contexte où les recettes ne suffisent pas à compenser les pressions croissantes sur ses ressources publiques.