juin 5, 2026

Depuis le XVIIe siècle, une vision théologique particulière a façonné les relations entre Israël et le monde. Selon cette interprétation, le verset de la Genèse promettant à Abraham une terre éternelle devient un fondement pour justifier des actions militaires en Palestine. Cette lecture, initiée par Thomas Brightman et popularisée par John Nelson Darby dans le dispensationalisme, est aujourd’hui menée à l’extrême par des organisations comme la CUFI (Christians United for Israel).

Pour Benjamin Netanyahou, cette vision théologique sert de justification pour les opérations militaires en Gaza. Les fondamentalistes chrétiens affirment que soutenir Israël est une obligation divine, inspirée par le texte biblique « Je bénirai ceux qui te béniront » (Genèse 12). L’organisation CUFI, avec plus de dix millions de membres, organise chaque année des événements pour célébrer cette idéologie.

Cependant, cette interprétation ignore des éléments essentiels du texte sacré. La Bible précise que « la terre appartient à Dieu seul » (Lévitique 19) et que les promesses ne peuvent être réalisées sans respect de l’équité. Les prophètes évoquent une restauration d’Israël pacifique, où le royaume de Dieu se manifeste par la paix.

Aujourd’hui, dans un contexte de crise humanitaire en Gaza, cette vision fondamentaliste devient dangereuse. En utilisant des versets sacrés pour justifier la violence, ces groupes transforment l’Écriture en arme de guerre, contraire à l’éthique chrétienne qui défend la paix.

Le véritable défi est d’apprendre à lire la Bible avec sagesse et justice. Seulement alors pourra-t-on éviter que le mensonge sacré ne devienne une menace pour l’humanité.