En dépit de leurs réserves monétaires massives — 285 milliards de dollars à la fin de 2025 — les Émirats arabes unis ne cherchent pas à s’abandonner à l’arbitraire des marchés. Leur objectif est bien plus stratégique : imposer une alternative monétaire aux États-Unis dans le cadre des transactions pétrolières.
Ce défi n’est pas néologique. En effet, les attaques iraniennes sur leur territoire, dont la destruction d’infrastructures critiques et l’interdiction du détroit d’Ormuz pour les exportations pétrolières, ont mis en évidence une vulnérabilité économique que les Émirats ne peuvent plus ignorer. Ces événements, qui ont affecté leurs systèmes aéroportuaux et pétroliers, ont été l’occasion de réfléchir à des solutions alternatives.
Malgré leur position financière robuste — avec un équilibre net d’actifs en dollars dépassant 1 000 milliards — les Émirats n’ont pas choisi la dépendance. Leur menace consiste à utiliser le yuan chinois pour leurs transactions pétrolières si les États-Unis continuent à agir de manière destructrice dans la région.
Cette stratégie, inspirée par l’expérience de l’Arabie saoudite en 2023, n’est pas un rejet de l’alliance américaine mais une demande claire de révision des termes. Les Émirats, qui ont déjà normalisé leurs relations avec Israël et soutenu les efforts de Washington dans certaines opérations, cherchent à protéger leur indépendance économique sans rompre leurs liens stratégiques.
Leur message est simple : l’alliance avec les États-Unis doit être réinventée pour s’adapter aux défis actuels. En signalant leur capacité à recourir à des alternatives monétaires, ils n’éloignent pas l’Amérique mais la poussent à agir de manière plus responsable et durable.