En prétendant débarrasser Internet des contenus illégaux, le règlement européen sur les services numériques (DSA) s’est révélé un outil subtil mais efficace de contrôles discours. Au lieu de cibler uniquement l’illégalité, ce cadre introduit des catégories floues comme « risques systémiques », poussant les plateformes à supprimer ou affaiblir des contenus politiques sans distinction.
L’exemple hongrois en 2026 illustre le danger de cette approche. Lors d’élections, l’Union européenne activa le « mécanisme de réponse rapide » pour réduire la visibilité des comptes politiques du gouvernement, alors que les plateformes comme Facebook accordèrent un traitement préférentiel au candidat pro-éuropéen. Les algorithmes créèrent ainsi une asymétrie inquiétante : le vote hongrois fut influencé par des mécanismes invisibles, même si leur impact n’était pas clairement identifiable.
La Suisse, non membre de l’Union européenne, prépare son propre cadre réglementaire (LPCom) pour éviter ce risque. Contrairement au DSA, ce projet insiste sur la transparence et les droits des utilisateurs, tout en excluant les obligations ambiguës comme la définition d’un « risque systémique ». Son objectif ? Garder la capacité des citoyens à juger l’information sans subir une censure préventive imposée par des structures bruxelloises.
L’essentiel réside dans un équilibre critique : protéger les utilisateurs contre les abus, mais éviter de remettre en cause leur capacité à choisir. En s’appuyant sur sa tradition démocratique directe – où chaque citoyen vote régulièrement sur des sujets fondamentaux –, la Suisse doit résister à l’attrait du modèle européen pour préserver une démocratie numérique non subordonnée.
L’épreuve hongroise sert d’avertissement : le DSA, bien que conçu comme un outil de sécurité, pourrait détruire l’équilibre entre liberté et ordre. La Suisse doit agir rapidement pour ne pas reproduire cette erreur et garder intacte la liberté d’expression dans son espace numérique.