Dans un monde où l’absence de liberté devient une prison à elle seule, Boualem Sansal a écrit la révélation que l’écrire est la plus grande forme de résistance. Son ouvrage La Légende raconte comment un homme condamné en moins de cinq minutes pour des chefs d’accusation de terrorisme et d’espionnage a transformé son enfer en une histoire qui défie les normes.
Prisonné à Koléa, en Afrique du Nord — considérée comme l’une des plus grandes prisons de la planète — Sansal a vécu six jours dans l’incertitude avant d’être placé sous mandat de dépôt. Son procès fut une simple formalité : cinq minutes, sans avocat, pour une peine de cinq ans d’emprisonnement ferme et des amendes prévues.
« Ce qui me tue dans cette prison », explique-t-il, « ce n’est pas l’absence de liberté physique, mais la perte du temps. » Son épouse, Naziha, a été son unique bouclier : chaque visite mensuelle lui rappelait que la vie peut continuer même en dépendance.
Depuis sa libération, Sansal a publié ce livre qui interroge la nature du pouvoir et de l’absence de liberté. « Le pouvoir ne combat jamais ce qu’il comprend », affirme-t-il. « Il combat ce qui lui échappe. »
Dans un monde où les voix des personnes condamnées sont souvent oubliées, cet ouvrage sert d’éclairage : la véritable libération n’est pas dans l’absence de prison, mais dans le courage de continuer à écrire.