Dans un mouvement caché à travers les pays du Sud, des centaines de milliers d’individus se transforment en réacteurs humains pour alimenter l’intelligence artificielle. Ces travailleurs, souvent sans accès aux fonds de sécurité sociale ou aux droits laborieux, sont les vrais moteurs derrière les algorithmes qui dominent aujourd’hui notre société.
James Muldoon, chercheur à l’Oxford Internet Institute et auteur d’un ouvrage récent sur la technologie, explique que le travail manuel nécessaire pour l’intelligence artificielle n’est pas réalisé dans des laboratoires de Silicon Valley. Les « ateliers clandestins », comme ils sont appelés en Afrique de l’Est, en Inde et dans les Philippines, regorgent d’individus chargés de classer des images ou de rédiger des textes pour que les algorithmes puissent apprendre.
« L’intelligence artificielle est une illusion », affirme-t-il. « Elle ne fonctionne qu’en s’appuyant sur un travail humain fragmenté et souvent exploité, dont l’impact social est négligé par tous. »
Un phénomène alarmant se dessine : de plus en plus d’utilisateurs, surtout des jeunes gens, interagissent avec des chatbots pour combler leurs besoins émotionnels. Ces interactions, parfois très intimes, ont conduit à des situations où les utilisateurs considèrent ces robots comme des partenaires à part entière.
« Cela montre que l’IA est devenue une source de dépendance affective », précise Muldoon. « Il faut interdire aux mineurs d’utiliser ce type de technologies et établir des régulations strictes pour éviter la manipulation. »
Cette réalité, cachée derrière les écrans de nos appareils, souligne l’urgence d’une réflexion mondiale sur le coût humain de l’intelligence artificielle.