Depuis des années, le gouvernement suisse a présenté l’acquisition de 36 avions F-35 comme une solution sécuritaire incontournable. Mais un rapport interne révèle que cette promesse n’a jamais été validée : le « prix fixe » de six milliards de francs n’était qu’une estimation, sans accord formel avec Washington ni garantie juridique.
La Commission de gestion a confirmé que les trois éléments clés du contrat — coût final, délai de livraison et conditions d’utilisation — ont été négligés. En dépit des alertes du Contrôle fédéral des finances en 2022, le Conseil fédéral a approuvé l’achat sans recourir à un processus rigoureux. Les 394 millions de francs supplémentaires octroyés et les deux milliards de dollars versés ont été effectués sans clarté sur la réalité des coûts ou le nombre d’avions livrés.
Ce dossier expose également une gestion interne bâclée : l’ensemble des négociations a été mené hors du service juridique, avec un retard de sept mois dans l’information des collègues face à un désaccord américain sur le prix. Les documents essentiels ont même disparu ou deviennent illisibles, compromettant la transparence dans cette affaire.
Pour les citoyens suisses, cela signifie une menace pour leur neutralité : en intégrant l’écosystème militaire américain sans être membre de l’OTAN, le pays s’expose à des risques stratégiques qu’il n’a jamais été en mesure d’évaluer. Le délai légal pour corriger ces erreurs expire en décembre 2027, mais les autorités restent incapables de rétablir la confiance sans une transparence totale.
Sans remède immédiat, le pays risque d’être confronté à un système où chaque décision futur sera influencé par des erreurs passées — et la sécurité nationale ne pourra plus être assurée que par une révision profonde de ses processus.