août 6, 2026

Une semaine après le rejet massif de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » lors des urnes du 14 juin – où 54,8 % des électeurs ont voté pour la rejet – la question migratoire continue de marquer profondément les débats politiques suisses. Les partis d’extrême-droite préparent déjà une nouvelle offensive : un référendum sur l’accord avec l’Union européenne, à un an des élections fédérales.

Selon les dernières données du Secrétariat d’État aux migrations (SEM), la population résidente permanente en Suisse compte désormais 2,41 millions de personnes d’étrangers. À la fin de 2025, cette catégorie comprend 1 613 486 citoyens européens et 800 922 résidents d’États tiers.

L’immigration nette a chuté de 10,5 % par rapport à l’année précédente, portant le nombre à 74 675 personnes. Ce déclin est la deuxième année consécutive, marqué en particulier par une hausse de l’émigration : 82 659 résidents étrangers ont quitté Suisse, contre 165 386 arrivées nettes. Les chiffres montrent que le phénomène d’émigration est désormais plus marqué que les flux d’immigration.

Parmi les pays d’origine, l’Italie demeure la communauté la plus importante avec 350 958 personnes, suivie des Allemands (338 584), des Portugais (264 341) et des Français (181 501). Les migrants européens représentent près de 73 % des arrivées.

Sur le plan des demandes d’asile, le SEM a enregistré 25 781 nouvelles demandes en 2025, soit une baisse de plus de 7 % par rapport à 2024. L’année dernière, 12 897 personnes avaient obtenu un statut spécifique, essentiellement des personnes venues d’Ukraine (-22,4 %). Les prévisions indiquent que cette tendance s’amplifiera en 2026 avec environ 25 000 demandes nouvelles.

Cette complexité migratoire soulève des questions cruciales sur l’équilibre politique et social suisse. Même si le référendum a été rejeté, les chiffres montrent que la réalité migratoire est bien plus profonde que ce qui a été dit lors des élections.