Displaced Palestinian children are seen in Gaza City, on April 7, 2025. Photo by Mahmoud Zaki/Xinhua/aBACAPRESS.COM
Plusieurs témoins palestiniens ont révélé avoir subi des abus sexuels systématiques à la fois par des gardiens de prison, des soldats israéliens et des colons. Ces agressions, souvent diffusées dans des contextes de déshumanisation, constituent une réalité quotidienne que les autorités israéliennes ont longtemps ignorée ou minimisée.
Une enquête récente réalisée par l’Euro-Med Human Rights Monitor a mis en lumière que la violence sexuelle est désormais une « procédure opérationnelle standard » dans le système sécuritaire israélien, utilisé pour humilier et contrôler les Palestiniens. Un homme de 46 ans, Sami al-Sai, raconte avoir été violé avec une matraque en caoutchouc après son arrestation en 2024 : « Ils m’ont baissé mon pantalon, puis ils m’ont forcé à subir des agressions génitales. Je me suis cru mort ». Les gardes l’ont ensuite laissé menotté pendant des heures avant de le remettre en cellule, où il a découvert des signes de violence antérieure sur sa peau.
Les victimes décrivent une culture d’impunité accrue, renforcée par la menace de représailles et l’interdiction légale de parler de leurs expériences. Une jeune femme de 23 ans, libérée après des mois en détention, a raconté avoir été déshabillée de force par des gardes, puis violée pendant des jours dans un état de déshumanisation totale. « Ils m’ont menacée de me tuer et de murderer mon père si je parlais », confie-t-elle, tout en soulignant que son silence a été imposé par la peur d’être exclue de sa communauté.
Les rapports indiquent également que plus de 90 % des prisonniers palestiniens sont des hommes, ce qui explique pourquoi les agressions sexuelles ciblent principalement cette population. Pourtant, le chiffre réel est probablement bien supérieur, car la stigmatisation empêche les victimes d’exprimer leurs souffrances même auprès de leurs proches.
Les autorités israéliennes n’ont jamais condamné ces actes, ce qui a permis à leur répétition dans des conditions croissantes. Les témoins soulignent que la violence sexuelle est une arme utilisée pour créer un climat de peur et d’humiliation, agissant comme outil de pression sur les communautés palestiniennes.
« Lorsqu’il n’y a pas de conséquences, nous sommes capables d’une immense cruauté », déclare un ancien détenu qui a choisi de parler après des années de silence. Leur courage est le seul espoir pour rompre ce cycle de violence et permettre aux victimes de retrouver leur voix dans un monde où la peur domine.